Le carnaval de Nice est le premier carnaval de France. Il se déroule chaque hiver à Nice durant deux semaines et accueille plus de 1 200 000 visiteurs. Traditionnellement, le carnaval de Nice se caractérise par des défilés de chars et de « grosses têtes » en papier mâché, et par l'utilisation de confettis. Le carnaval de Nice, fort de sa popularité, s'est tourné vers ce que certains considèrent comme une logique plus « touristique » ou mercantile. Devant l'accroissement des accès payants et l'écartement de la population niçoise envers cette fête qui se veut populaire, est né en 1990 à l'initiative de Nux Vomica (groupe peinture et musique) à St Roch quartier populaire niçois, un carnaval dit indépendant car ces créateurs ont refusé toute aide de la mairie de Nice ou subvention quelque de l'état, c'est la population qui a fait sa féte Ils sont rejoint par de nombreux participants dont en 1994 Zou mai et le « collectif des Diables Bleus ») . La fête se veut plus accessible, plus populaire et plus ouverte. Dans les années qui ont suivi, de nombreux autres carnavals de quartiers ont vu le jour.
Aujourd'hui, la Bataille de Fleurs est un véritable corso composé d'une vingtaine de chars tous habillés de fleurs fraîches. Quatre à cinq mille tiges sont nécessaires pour couvrir ces chars de 7 mètres de long sur 2 de large et 6 de haut. Leur conception et leur élaboration représentent un travail méticuleux, chaque fleur étant piquée pour composer une mosaïque parfumée des plus ravissantes.
Les fleuristes, réunis au sein de " L'Amicale des Réalisateurs de Batailles de Fleurs de la Ville de Nice ", réalisent, pour chaque manifestation, des prouesses d'imagination, de goût, de dextérité et... de rapidité. En effet, les fleurs arrivent et sont réparties dans l'atelier le mardi ou vendredi matin, ensuite, commence une véritable course contre la montre afin que tous les chars soient prêts le lendemain matin.
Ces artisans-artistes se fournissent, pour 90 % des fleurs utilisées, auprès des producteurs locaux. Les plants de tokyos, gerberas, marguerites, iris, roses, ½illets, glaïeuls et autres fleurs sont mis en terre dès le mois de novembre pour que la récolte soit disponible en temps voulu. Le mimosa, symbole de Nice, occupe bien évidemment une place privilégiée au c½ur de ces batailles.
De charmants mannequins hommes et femmes, vêtus de somptueux costumes et de coiffes extravagantes créés pour l'occasion, lancent en souriant des milliers de fleurs aux spectateurs installés dans les tribunes et au long de la Promenade des Anglais.
Les fastes d'un tel corso, d'inspiration typiquement niçoise, ont séduit les États-Unis, le Québec, l'Angleterre, Tahiti et nos voisins italiens. Nice exporte dans le monde entier ce savoir-faire de l'élégance, de la beauté et du charme que sont les Batailles des Fleurs.
Cette fête traditionnelle trouve ses origines à une époque lointaine où était honorée la Déesse de la Terre. Le rite exigeait alors, d'aller abattre un pin dans la forêt. Il s'agissait ensuite de l'orner de guirlandes de fleurs, de banderoles et de l'installer dans le temple. Le pin représentait le Dieu ATTIS, endormi pendant les longues nuits d'hiver et réveillé par la Déesse CYBELE au printemps, pour fêter le renouveau de la nature.
La coutume s'est emparée de cette fête païenne pour en faire une manifestation populaire. "Tourner les mais" signifie, depuis le moyen-âge, danser autour d'un tronc d'arbre surmonté d'une couronne de fleurs.
Un "arbre des Mais"et parfois plusieurs, étaient dressés devant le Palais Royal, sur l'actuel Cours Saleya où la liesse était totale : chants, danses réunissaient jusqu'à une centaine de jeunes filles vêtues de blanc. C'est en 1821, lors du séjour du Roi Victor Emmanuel et de la Reine, que les festivités, en l'honneur des souverains, furent les plus joyeuses, et ce dans tous les quartiers de la ville.
Après une interruption due aux guerres, la tradition fut de nouveau perpétuée sous une forme nouvelle adaptée aux contraintes de la vie moderne.
Organisée désormais dans le cadre enchanteur des Jardins des Arènes de Cimiez, ce rendez-vous avec l'histoire est très apprécié : dégustations de spécialités niçoises, spectacles folkloriques et de variétés, bal musette, attractions et animations pour les petits et grands, structures gonflables, manège ponctuent les jours fériés du mois de Mai.
Les célébrations religieuses débutent avec la messe dite à l'église du Gésu. La procession, la bénédiction et l'incinération de la barque ont lieu, après le spectacle des groupes folkloriques de Nice.
Si le bord de mer a fait la notoriété de Nice, capitale de la Côte dAzur, il ne fut longtemps considéré qu'avec crainte. De cette vaste étendue, le "territoire du vide", pouvaient surgir les pires dangers, et naissaient les plus vives incertitudes.
En arrivait aussi une part de la richesse de la ville, qu'on souhaitait toujours plus importante.
De fait, dans un temps religieux, ces dangers, ces incertitudes et ce souhait ne pouvaient être calmés ou comblés que par le recours au saint protecteur, que son métier désignait : Pierre le pêcheur.
Une expression niçoise bien connue résume ces contradictions : "Lauda la mar e tenti en terra", dit la sagesse populaire, "Loue la mer et reste sur terre", pourrions-nous traduire. Il est vrai que la Méditerranée est pleine de périls. Le péril de la tempète, brève et violente, qui brise les barques. Le péril du Barbaresque, qui débarque sur la côte, razzie bêtes et gens et les entraîne dans les captivités lointaines de Tunis, d'Alger ou de Tanger, en attendant le rachat par les Trinitaires. De retour, suspects, les malheureuses victimes étaient reconverties au catholicisme sous I'autorité de I'oeuvre des Catèchumènes, dirigée par les Pénitents bleus du Très-Saint-Sépulcre.
Ce péril n'est pas éloigné, dans la mémoire collective : en 1808, encore, une razzia eut lieu à Carras, et il fallut une expédition contre Tripoli, menée en 1825 par l'amiral niçois Félix de Constantin de Châteauneuf, sur ordre de Charles Félix, pour que les régences barbaresques abandonnent cette pratique.
Mais de la mer ne vient pas que le péril : la richesse, ou tout au moins la subsistance, en étaient aussi retirées. Le commerce maritime est le sang économique de Nice. Dans ses deux ports successifs, aux Ponchettes, des origines à 1750, et, depuis, à Lympia, se croisent barques, tartanes et felouques qui portent le sel, l'huile, le vin, le cuir, ou cabotent sans fin entre Gênes et Marseille. Et sur la grève, au soir, les pêcheurs tirent leurs barques.
Sous la Restauration, pour une ville de trente mille habitants, on compte cent trente pêcheurs en activité. Une activité. nourricière, certes, mais bien peu rémunératrice.
Il suffit de voir l'extrême dénuement dont témoignent les gravures du temps pour comprendre que la pêche n'enrichissait personne. Comme souvent, de cette pauvreté est née une magnifique tradition de solidarité.
Chaque année, le 29 juin, à l'occasion de la fête de leur patron, Simon le pêcheur, devenu Pierre d'un mot du Christ, la corporation des pêcheurs de Nice brûlait la barque la plus dégradée du plus pauvre d'entre eux, et, en se cotisant, lui en offrait une neuve, au milieu des chants, des danses et des réjouissances.
Cette belle tradition vit encore aujourd'hui, même si elle ne reproduit plus qu'un simulacre. Elle n'est que le reliquat de la longue journée qui, depuis le Moyen-Age, célébrait le saint patron. Dans la paroisse la plus proche de la mer, l'église Saint-Jacques (aujourd'hui I'Annonciation, surnommée Sainte Rita), la corporation des pêcheurs de Nice avaient dressé l'autel de Saint Pierre.
Le jour de la fête, ils s'y rendaient en procession pour lui demander son intercession afin de rendre les pêches fructueuses. Et, tout au long de l'année, ils suspendaient à sa statue des lamelles ciselées, en argent, représentant des poissons, sardines, anchois on bugues.
Cet autel est toujours visible, décoré de belles oeuvres d'art, tel un tableau d'Abraham Van Loo représentant la "Délivrance de Pierre", et certains de ces ex-votos se trouvent encore dans les trésors des églises.
Et les poissons, les vrais ? Avant de finir dans les pignata des Niçoises, ils trouvaient leur fin sur les étals de la Pescaria, le marché public aux poissons, d'abord situé place de la Poissonnerie. puis sous la Terrasse nerve (actuel musée Mossa), et enfin place Saint-François.
Une église, une magnifique église, c'est ce que les niçois connaissent de Sainte Réparate. Mais la jeune fille morte en Palestine au lllème siècle de notre ère et ensevelie au c½ur du Vieux-Nice incarne aussi la foi et l'histoire.
Sainte Réparate, jeune martyre.
Réparate est une jeune fille de quinze ans qui aurait été martyrisée vers l'an 250 à Cesarée de Palestine. L'histoire de son martyre nous est racontée par les tableaux de la chapelle qui abrite sa statue dans la nef latérale gauche de la cathédrale homonyme. Ses bourreaux auraient d'abord tenté de la brûler vive mais une averse providentielle la sauva une première fois. C'est le tableau de droite dans la chapelle. Puis ils tentèrent de la tuer en lui faisant ingurgiter de la poix en fusion. Un nouveau miracle survint. En désespoir de cause ils la décapitèrent. Pour le sauver de la profanation, son corps fut placé dans une barque et livré à la Méditerranée. Selon la tradition, cette barque dériva jusqu'au rivage niçois. Elle apparut au large de Nice et fut hâlée sur la plage par des anges. C'est d'ailleurs l'explication religieuse du nom baie des Anges
Réparate, comme les Saintes Marie.
Au-delà de l'attachement religieux, le culte de sainte-Réparate présente un grand intérêt historique. Il est comparable à la tradition de l'évangélisation, commune à tout le midi de la France. Tropez, Dévote, les Saintes Maries, Lazare et Marthe, tous rejoignirent nos rivages par les mêmes moyens. D'ailleurs Dévote et Réparate sont aussi honorées en face de nos côtes, en Corse. Pour les historiens, cette tradition visait à expliquer aux fidèles à travers des personnages emblématiques comment la religion chrétienne née dans la lointaine Palestine était arrivée chez eux. Ces personnages emblématiques, les Saints, sont en fait (les images des marchands, des soldats, des voyageurs, qui chacun amenèrent dans leurs bagages une parcelle de la nouvelle religion sur les terres de la Provincia romaine.
Réparate et Pons, Nikaïa et Cemenelum.
Il faut se souvenir que Jusqu'au Véme siècle Nice a deux églises, une à Cemenelum (Cimiez, la ville romaine) et l'autre à Nikaia (le Château, l'antique village de pêcheurs grecs). De ce point de vue, Réparate est aussi un élément éclairant de notre histoire. Ainsi le grand martyr de Cimiez, capitale de la province des Alpes Maritimae, c'est Pons, sénateur romain dont le statut social correspond au prestige de la ville. Réparate, modeste jeune fille, représente quant à elle le petit village du bord de mer.
Réparate, dans sa cathédrale.
Le culte de sainte-Réparate est attesté à Nice au moins depuis le Xlème siècle. Au milieu des champs du futur Vieux-Nice se dresse dès 1060 une chapelle qui lui est dédiée. En 1246, la chapelle devient la paroisse de la ville basse en formation. Quand, au XVIème siècle Emmanuel - Philibert militarisa totalement la colline du Château, la cathédrale qui s'y trouvait fut transferée dans la ville basse, et établie dans l'église de Réparate.
Entre 1650 et 1699 l'édifice fut entièrement reconstruit selon les canons de l'art baroque et sur les plans de l'architecte niçois Jean-André Guibert. Le campanile fut édifié au XVIllème siècle et la façade au début du XIXème. Pourtant ce ne fut qu'à la fin du XVIIème, siècle que Réparate trouva enfin le repos dans "sa" cathédrale.
En effet, la chapelle qui l'abritait appartenait aux moines de Saint Pons. A la suite d'un conflit avec l'évêque de Nice au XVème siècle, les moines dérobèrent les reliques de la sainte et les cachèrent dans un placard de l'abbaye sous un faux nom, celui de Sainte Simplicie. Ce fut l'historien Pierre Gioffredo, abbé de Saint-Pons qui, dans les années 1690 redécouvrit les précieuses reliques et les déposa au pied du nouveau maître - autel.
Depuis de nombreuses années, le Jour de la Sainte-Réparate - la statue de la sainte est portée en procession de l'église Saint-François-de-Paule à la cathédrale. Cette procession suit un trajet qui conduit de la mer vers la ville pour commémorer l'arrivée de la sainte. Elle associe au clergé les confréries de pénitents niçoises.
Dans un vieux pays catholique comme le comté de Nice, les traditions de Noël constituent bien sûr un moment fort de l'année. Elles sont nombreuses et importantes, et couvrent toutes les activités humaines de ce temps particulier. Spirituellement, mais aussi dans les gestes de la vie quotidienne, et même dans le nom de l'évènement, elles sont une part de mémoire commune, un patrimoine partagé et original, dont voici quelques éléments.
Calèna, un nom original
Il faut tout d'abord s'attarder un instant sur le vocabulaire niçois usité dans ce temps de l'année, pour constater qu'il se différencie, au moins pour un mot, de nombre d'autres racines lexicales utilisées en France.
En effet, le nom niçois de Noël, Calèna, ne renvoie pas à la racine Nativité, modifiée en Noué, ou Noël, mais au mot latin kalenda, ou calendes, qui constituaient dans le calendrier romain le premier jour du mois. Or, le 25 décembre correspondait alors au premier jour de ce même mois, d'où l'appellation.
La trace de la racine romaine se retrouve en niçois : calendes est un mot féminin pluriel en latin, calèna l'est aussi en niçois.
La racine lexicale issue de la Nativité a pourtant aussi donné un vocable niçois. Il s'agit du mot nouvé, qui désigne les chants religieux célébrant la Nativité.
Un moment représenté
La Nativité fit souvent l'objet de représentations. La tradition niçoise en a conservé.
On sait que la crèche fut inventée, au XIIIème siècle par Saint-François d'Assise, et se développa ensuite en Europe. On connaît la tradition provençale des santons. De fait, la crèche niçoise, ou presèpi, qui trônait à l'année dans tous les foyers, parfois protégée sous un globe de verre, est moins spectaculaire que la crèche provençale et ses dizaines de santons. Elle se rapproche de la crèche originelle, ne se composant que de l'Enfant Jésus, Joseph, Marie, le boeuf et l'âne. De même, ses sujets ne sont pas en argile, comme les santons provençaux, mais en bois, en carton-pâte ou, pour les plus délicats, en cire. Cette crèche fit aussi l'objet d'une autre mise en scène
Une histoire mise en scène
On l'a dit, le théâtre moderne est aussi né des mystères et autres Passions, spectacles religieux édifiants donnés depuis le Moyen-âge. Dans le midi de la France, le temps de Noël donne lieu à des spectacles de ce type, au moins depuis le XVIlème siècle, les pastorales.
Une intrigue commune, des personnages identifiés en donnent le même fond. Les types de la société du temps (bergers, marchands, gens dit peuple, notables) reçoivent la nouvelle de la naissance et se rendent sur le lieu de l'évènement. Ce pèlerinage déjoue les ruses du Diable et efface les défauts et les querelles de tous, réconciliés autour du berceau.
Traduisant concrètement le temps de paix de Noël, la pastorale est jouée et chantée par les habitants du village ou de la ville en Provence.
A Nice, elle est interprétée par des marionnettes, dans des castelets improvisés dans de nombreux lieux publics, tout au long des deux derniers siècles. Ce n'est qu'au début du XXème siècle que Jouan Nicola la développera, lui donnant ce titre de "Presèpi nissart" et la transformant en une sorte de vaudeville bon enfant, dont la dimension sacrée s'efface souvent au profit de l'anecdote quotidienne, mais en la transcendant finalement.
Francis Gag, à son tour, reprit le principe de cette marche initiatique dans ses deux pièces, "Calèna" et "La Marche à la Crèche" et la troupe de Raoul Nathiez "Lou Rodou Nissart" présente une nouvelle adaptation du "Presèpi"'.
De nos jours, à Lucéram ou à l'Escarêne, on joue encore dans l'égIise la pastorale, ou tout au moins l'Ouferta, c'est à dire l'offrande à l'Enfant des cadeaux des habitants, produits du terroir et autres objets familiers.
Des gestes et des repas
Le temps de Noël est enfin, aussi, celui des gestes symboliques du retour de la lumière. Traditionnellement, dans le temps de l'Avent, on devait nettoyer maisons, bergeries, écuries et étables, renouveler mobilier et ustensiles, et achever ce cycle par un geste symbolique. Le soir du 24 décembre, dans la cheminée, on éteint le feu ancien. L'ainé de la famille donne au plus jeune enfant un tison pour rallumer un feu nouveau, avec des bûches de bois fruitier, et l'asperge de quelques gouttes de vin. C'est le cacha-fuec, expression devenue synonyme de réveillon.
Ce soir là, bien-sûr, on fait repas maigre, lou gros soupà sans viande, avec morue à l'aigre-douce ou ravioli maigres aux herbes. Puis on se rend à la messe de minuit, en n'oubliant pas de relever les coins des trois nappes superposées sur la table, afin que les diables ne s'y accrochent pas pour monter dévorer les treize desserts d'importation provençale, que I'on dégustera au retour. Le lendemain enfin, le déjeuner fera une large place aux viandes de toute sorte, singulièrement les boudins et l'agneau.
Ainsi, rythmé de gestes et de mots antiques et simples, se dévide le fil du temps (le Noël dans le comté de Nice
